Mon petit ami est Berlinois et je le vis très bien


Humeurs / jeudi, août 6th, 2015

En tant que jeune femme à Berlin, pour certains (ou mes certaines lectrices qui ne veulent plus se sentir les seules visées hein 😀 ), on ne pouvait ne pas parler des Allemands et plus exactement des Berlinois. Voilà presque 5 ans que je sors avec mon nounours berlinois (je décide de l’appeler Hannylein, même s’il va faire la gueule comme un Francais!), je pense être plutôt bien placée pour en parler. Pour le moment, on vit toujours bien notre petit conflit franco-allemand (parfois la partie asiatique s’en mêle malgré elle!).

Mon chéri est né, a grandi et voudrait probablement mourir à Berlin (ja, ein echt Berliner!). On s’était croisés pour la première fois, un jour de juillet 2011 dans un bar, lors d’un afterwork organisé par un des anciens collègues (qui fut également un ancien collègue à mon chéri). Oui, ça existe encore les rencontres sans Internet et Tinder (ca n’existait même pas encore à l’époque, je crois). N’étant pas célibataires tous les deux à cette époque, la moindre pensée de nous mettre ensemble ne nous a même pas effleuré l’esprit, il n’y avait même pas de coup de foudre; bien que je le trouvais déjà mignon mais sans plus.

Depuis, il m’arrivait de le voir une fois tous les 2-3 mois lors des sorties avec ma bande d’anciens collègues, on faisait les 400 coups tous ensemble, enchaînant les bars et boîtes, sans la moindre arrière-pensée. Presqu’un an après notre rencontre, lors d’une enième soirée arrosée à 2h du mat dans un bar à Neuköln, le premier baiser était arrivé par surprise, on n’avait tous les deux rien compris. 😀 On s’était mis à l’écart de notre groupe pour reprendre un verre au comptoir, on a parlé longtemps. Il était sûrement fatigué de sa longue journée au boulot; moi, j’étais perdue dans ma relation avec mon premier copain allemand à l’époque, régulièrement en voyage d’affaires, mais n’arrivait plus à me manquer. Résultat, Hannylein et moi ne nous sommes plus quittés jusqu’au lendemain. La suite, vous pouvez facilement le deviner, on a recommencé plusieurs fois et on se voyait en cachette sans le dire à nos amis pendant un certain temps.

Nos premiers mois ont été très confus, car on eut du mal à assumer notre relation, sa nature étant très floue pour nous moi. On sortait dîner, on allait au ciné à deux, on se baladait main dans la main, bref, on sortait inconsciemment de la Friend Zone. Nos amis finalement, nous avouent avoir parié depuis bien longtemps qu’il se passerait quelque chose entre lui et moi, et nous encourageaient vivement à assumer. N’ayant jamais osé parler de « nous » de vive voix, au bout de 5-6 mois, j’ai un jour décidé de faire le premier pas pour nous confronter tous les deux à la réalité en lui posant la question craignos: « On est quoi au fait tous les deux? ». Ses beaux yeux bleus quittaient son verre de gin tonic pour ne fixer que moi, et il me répondit le plus naturellement possible: « Tu es ma petite amie, logique. J’espère que tu me considères aussi comme ton petit copain désormais ». On se serre tous les deux la main, comme si on avait trouvé un accord commun, avant de nous embrasser.

Dorénavant, j’ai lentement compris que sortir avec un Allemand, signifiait prendre des initiatives et arrêter de cogiter pendant des semaines. Hannylein a ce don de régler mes interrogations de couple en deux mots (très direct ces Allemands hihi).

émoticône francais allemand

Comme tout jeune couple du 21ème siècle, on chatte presque tous les jours sur Skype au bureau (aussi pour connaître les derniers potins dans les start-ups et boîtes berlinoises muhahaha), on s’envoie des petits mots sur Whatsapp (ou plutôt l’émoticône :* qui parle pour lui-même, less is more hein!) et on se retrouve une ou deux soirées par semaine, si on n’est pas trop fatigués après nos journées de boulot. Le week-end, je le passe en général chez lui, on tente de maintenir tant bien que mal notre tradition d’un brunch matinal et d’un dîner à la maison accompagné d’un cocktail fait maison. La journée de dimanche est parfois réservée à nos séances de geekage: lui aux jeux vidéos devant son écran géant plasma et moi à côté de lui en train de bloguer sur tout et n’imp, parfois distraite par ses actions aux jeux. Parfois, on rencontre ses amis en couple, également berlinois pour faire des activités de couples, comme de vrais adultes (jeux de société, mini-golf, visite de salons, etc.). Petit à petit, une certaine routine s’instaure entre nous, parfois prévisible, mais quelque peu agréable.

album photo couple

A part ces instants bisounours, il faut néanmoins admettre qu’on aime se lancer des pics à propos de nos cultures et styles de vie. D’ailleurs mon chéri adore créer des débats qui peuvent durer des heures, voire des jours, ce qui ne me facilite pas la tâche, car l’argumentation n’a jamais été mon point fort. Il gagne tout le temps à ce jeu. Voilà quelques perles qui reviennent très souvent au sein de nos discussions:

À propos des relations homme-femme en Allemagne:

Moi: « On dit que les Allemands ne savent pas flirter… parce que d’après l’article de GoodMorningBerlin (que je vous invite à lire ici, super intéressant!), les femmes d’Allemagne ont su faire boucler la gueule aux hommes après toutes ces guerres, ce qui vous rend indifférents face aux femmes… « 

Lui: « Quasiment plus de la moitié des habitants de Berlin est gay, c’est un peu normal que les filles deviennent moins intéressantes dans notre pays! « 

Moi: « Bah, pour les hétéros qui restent… ils n’osent plus rien faire face aux jolies filles, même pas un regard! « 

Lui: « Ah mais si, c’est juste qu’on le fait très discrètement, en un millième de seconde… Tu connais le terme « German efficiency »? « 

À propos des balades à Berlin:

Moi: « Ça te dit qu’on aille se balader dans les rues de Kudamm? (il habite à Berlin-Est et j’habite au Centre de Berlin) « 

Lui: « Quoi dans l’Ouest de Berlin? Ouhh Madame veut faire ses courses 😀 Ouuuh fancy!« 

Au bar ou restaurant:

Moi: « Tu prends une grosse bière, c’est ça? OK pour moi, ce sera un verre de vin, s’il vous plaît!« 

Lui: « Du vin… Ouhhhh fancy schmancy » 😀

Ses opinions à propos de la culture et langue française:

« Votre langue est trop compliquée… même en lisant les mots les plus simples, il y a des lettres qui existent pour ne pas être prononcées, ce qui est tout à faire inutile et hors de sens dans le langage oral. Lorsque je lis « les grands pots », j’ai envie de dire « lèsse granedesse potse »… Si vous utilisez toutes les lettres dans vos mots, autant les utiliser jusqu’au bout en parlant! Je vais finir par croire que vos mots ne sont que des chuchotements de vent.« 

« Le poisson (il déteste le poisson et les fruits de mer)… remarque que je suis d’accord pour une fois avec la langue française, je suis sûr que vous ne prononcez même pas les deux S en même temps.. ce qui donne le mot poison et rejoint toutes les théories sales sur l’alimentation piscivore.« 

« J’adore vos éclairs dans les pâtisseries françaises… En Allemagne, nous avons les Liebnesknochen, ces supers éclairs géants avec une tonne de crème pudding fourrée à l’intérieur, comme je les aime. Lorsqu’on croque dedans, ça éclabousse sur la gueule de tout le monde.« 

« Comment ça, t’es à Mulhouse?… Ah tu voulais dire Mülhausen! Tu pouvais pas le prononcer comme dans la langue de votre région?« 

« Ah, tu ne portes pas de marinières ou vêtements à rayures aujourd’hui? Sage décision! »

« Vous utilisez beaucoup d’animaux, dans vos expressions idiomatiques… comme de vrais tueurs d’animaux!« 

« Vous utilisez aussi le mot « porte-monnaie » en français? Je suis sûr que vous l’aviez piqué de l’allemand « Portemonnaie »…« 

couple ombre

Quelques commentaires aléatoires dans notre vie de tous les jours (qui me font parfois fondre d’amour):

Au réveil avant d’aller au travail: « Tu peux appeler mon patron, s’il te plaît et lui dire que je ne peux pas venir au travail, comme ma maman le faisait quand j’étais trop malade pour venir à l’école?« 

« Pourquoi sortir sous la pluie? On va dissoudre comme du sucre!« 

En zappant des chaînes à la TV en soirée: « À tous les coups, je te parie, qu’on va tomber sur un Nazi-Doku (documentaire sur les nazis et la Seconde Guerre Mondiale, etc.) ce soir! » (et il avait toujours raison!)

En voyant des personnes faisant du jogging: « Ils sont pressés… Ils doivent avoir une mauvaise gestion du temps.« 

« Tu as réussi à prendre une douche, un petit déj’, à faire le ménage et même descendre les poubelles en une matinée? Tu m’impressionnes… » 😀

En allant dans un restaurant vietnamien: « Tu peux appeler le serveur stp? Vous pouvez vous parler en asiatique, ça ne me dérangera pas.« 

Je pense que j’en ai encore oublié plein, mais je pense pouvoir remettre à jour dès que d’autres perles reviennent. 🙂 J’ai confiance en notre relation. Même si nous ne montrons pas très expressifs l’un envers l’autre, il faut dire qu’Hannylein est très bref dans ses propos, les gestes d’amoureux ne trompent pas (câlins, bises volées, etc.). En sortant avec un petit ami allemand, on s’attend à ce que vous fassiez preuve d’autonomie et conserviez votre indépendance, sans pour autant être égoïste. Ce qui est probablement l’un des facteur-clés d’un couple qui marche, chose qui était très mal vue lors d’une relation avec mon ancien petit ami français. Ainsi, je ne me sens plus du tout coupable d’aller à des fêtes sans lui et je n’ai jamais peur de le savoir en soirées arrosées avec ses potes, parce que le respect est très présent dans notre manière de nous comporter.

Hannylein pouvait se plaindre de son job quand il voulait, mais je crois qu’au fond, il est passionné par son domaine (au point de parfois bosser 1h ou 2 le dimanche). De mon côté, je pouvais lui parler de mes tâches sans l’ennuyer; je pense que le fait de bosser dans la même industrie nous permet de rester dans le même délire, même si nos cultures sont différentes. Les mini-conflits franco-allemands subsistent encore, mais on les trouve souvent stimulants pour notre relation. La transparence et la considération sont également des gros points forts, comme par exemple, une mauvaise blague provoquant un gros malaise pour l’un d’entre nous. Plutôt que de garder pour soi, autant le dire haut et fort que cette blague n’était pas drôle et qu’on ne souhaite plus jamais l’entendre, chose très bien pris en compte chez un Allemand.

Je crois qu’en résumé pour vivre une longue histoire d’amour avec un Allemand, c’est de ne pas se prendre la tête, vivre au jour le jour et respecter ses sentiments… comme avec tous les garçons de toutes les nationalités, no rocket science. 😉

4 réponses à « Mon petit ami est Berlinois et je le vis très bien »

    1. Je dois communiquer en allemand avec lui, vu que son français est comment dire… inexistant 😀 – Mais dans 80% des cas, on le fait en anglais quand je suis fatiguée 🙁

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