Ces promesses jamais tenues à Berlin

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Entre Berlin et ma ville d’origine, il n’y a qu’une heure et demi de vol. Je me disais que c’est parfait pour rentrer souvent revoir la famille et les potes. Sauf que ce n’est pas vraiment vrai oups. Depuis quelques temps, je ne rentre que 2 à 3 fois par an. Premier mensonge. « Et sinon la vie à Berlin ? Ça te plaît toujours ? », me questionnent mes amis alsaciens.

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Oui, tout se passe toujours bien à Berlin, sinon je serai déjà rentrée depuis bien longtemps. Ayant vécu assez longtemps maintenant dans la capitale allemande, je peux bel et bien avouer quelques vérités qui pourraient casser le mythe du paradis berlinois :

« Je vais améliorer mon allemand »

Dès que je rencontre des nouveaux résidents à Berlin et que ces derniers m’expliquent le but de leur séjour: « Je suis venu(e) pour apprendre l’allemand », je n’y crois pas un seul mot.  La preuve : moi ! Ayant étudié l’Allemagne depuis presque 15 ans, je suis toujours à la ramasse pendant les conversations dans la langue de Goethe, je stagne ! Cependant, il existe des exceptions, il y a bien des gens qui s’améliorent en allemand 2 mois après s’être installés à Berlin. Moi, j’ai beau prendre des cours d’allemand du soir, écouter FluxFM et regarder Germany’s Next Top Model, ça ne change rien. Je peux parler 1 heure en allemand avec Hannylein, mais on basculera toujours en anglais.

« Je ne fréquenterai que des Berlinois »

Pour ma part, ce n’est pas vraiment un mensonge, vu que mon Schatz est un Berlinois de natif. Il m’arrive de passer des week-ends avec ses amis berlinois et du Brandenburg, mais disons que c’est pour faire des activités de couples. 😉 Les Allemands à Berlin ne sont pas forcément les vrais berlinois et ma vie sociale ne s’est construite que grâce à mon ancien entourage professionnel. D’autant plus qu’on y côtoie beaucoup de non-Berlinois et de personnes venant de différents pays, les entreprises internationales ne sont pas les meilleures stratégies pour fréquenter uniquement des locaux. Néanmoins, ce n’est pas un « problème » qui me dérange le plus. Ce qui importe ici, c’est faire des belles rencontres quelle que soit la nationalité, pour créer des amitiés inattendues.

« Je trouverai un appart’ avec un loyer pas trop cher, easy! »

Urgh je dois avouer que mon premier appartement à Tiergarten s’est trouvé en un claquement de doigts alors que je n’étais même pas sur place. Une petite réponse à mon annonce de recherche sur WG-Gesucht et hop là, c’était dans la poche. C’était en printemps 2011, mais par contre, il y avait déjà des difficultés. Bon comme j’appréhendais de vivre à Berlin, j’ai quand même fait 10 heures de train (pour éviter de prendre l’avion toute seule à l’époque) exprès pour visiter cet appart, deux semaines avant de m’installer et signer le bail. La deuxième fois que j’ai recherché un appart en automne 2011, c’était moins sympa, mais ce fut une nouvelle fois, une réponse à mon annonce qui m’a aidé. Ce n’est qu’à la troisième recherche en été 2015 pour quitter une collocation devenant nocive, que je réalise l’ampleur de la compétitivité immobilière. Tous les coups bas sont permis, depuis une salle de placard à des offres mensongères gaspillant beaucoup de temps. Cette fois-ci, c’est la méthode bouche-à-oreille qui m’a fait trouvé mon troisième appart. Cette personne n’était pas n’importe laquelle, c’était ma plus proche collègue qui n’avait pas hésité à me proposer de reprendre son appart après m’avoir annoncé son départ de Berlin.

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« Je vais visiter tous les musées et les endroits à Berlin »

Malgré mes passages quotidiennes devant les plus gros musées, moi-même je le réalise, je n’ai même pas vu un tiers. D’ailleurs, je ne suis entrée ni dans une bibliothèque, ni dans une salle de théâtre ou d’opéra (ce serait mon plus grand rêve). 🙁 En ce qui concerne les autres lieux touristiques de Berlin, je fais mon possible. Je pense que même si j’avais été une Berlinoise native, ma vie n’aurait pas suffit pour tout faire. Solution : on continue de bouger et on se laisser porter par nos instincts non stop 🙂

« Je me trouverai un travail bien payé, facile ! »

N’ayant presque jamais travaillé 35h en France (à part les jobs d’été et jobs étudiants), difficile pour moi de comparer avec le marché de l’emploi à Berlin. Dans tous les cas, on sait qu’on a plus de chances de se trouver un emploi décent à Berlin qu’en région alsacienne (sauf si on est ouvert à traverser les frontières suisses et allemandes). Si on a une bonne expérience professionnelle, les chances sont toutes aussi nombreuses et elles le sont encore plus quand on a un bon réseau professionnel. Les conditions salariales varient selon le secteur d’activité et la taille de l’entreprise, les surprises sont toujours là.

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« Je ne mangerai que des plats allemands »

Oui, c’est déjà fait mais avec une telle diversité de restaurants à Berlin, je suis sûre d’avoir mangé plus de plats vietnamiens que des Currywurst. La finesse de la cuisine allemande, c’est pas trop ça, mais ça ne me dérange pas tellement (oups, les influences alsaciennes y sont sûrement pour quelque chose hihi). En revanche, plus je vieillis, plus je deviens très vigilante sur la nourriture. Les cuisines bios, végétariennes et vegans sont un peu mieux vues qu’en Alsace et en côtoyant des gens adeptes à ces cuisines, je commence à comprendre leur point de vue. Je suis très ouverte d’esprit dans ce sujet mais je sais que je craquerai finalement pour plein de choses. Depuis, je modère mes consommations de viande, j’évite les produits superficiellement sucrés le plus souvent possible et il m’arrive de faire des cures de detox pour quelques jours, histoire de « nettoyer » mon estomac.

« Je ferai la fête tous les soirs ! »

Haha, c’était une promesse belle et bien appliquée pendant mes premiers mois berlinois. Quelle excellente période où on pouvait enchaîner 10 shots de Berliner Luft, 5 verres de vin, 2 verres de gin tonic et 2 vodka Redbull, rien que le dimanche soir pour arriver au bureau le lundi matin comme si de rien n’était. Désormais, ayant pris de l’âge, avec 2 verres de vin rouge, je rêve déjà d’être en pyjama. Avant, mon corps pouvait facilement supporter les nuits blanches. Aujourd’hui, je deviens grincheuse si je suis encore en train de faire la fête à 23h, alors que c’est l’heure à laquelle je dors habituellement.

« Berlin en été, c’est trop bien ! »

NO COMMENT.

Sinon à part tout ça, qu’est-ce que j’ai encore oublié de mentionner dans cet article ?

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