Une semaine au Vietnam – partie 1: 4 jours au delta du Mekong


Asie / Sunday, August 18th, 2019

Cette année, aucune organisation pour des grandes vacances, comme au Japon, en Corée du Sud ou en Amérique du Nord. Notre escapade au Vietnam s’était organisée de manière impromptue mais on l’a finalement fait !

aéroport manille

Presque toute ma famille était partie au Vietnam, tandis que j’étais restée à Berlin, n’étant pas certaine de les rejoindre au cours de leur séjour. Alors que j’étais à deux doigts de téléphoner à ma famille et leur annoncer la mauvaise nouvelle, par manque de temps, voilà que mon supérieur me convoque pour une discussion et m’annonce une tâche à faire à Manille (capitale des Philippines) pour mi-juillet, pendant 4 jours. Grande croyante aux signes, je pris cette tâche comme une belle opportunité de venir au Vietnam : faire 16h de vol Berlin-Manille et en profiter pour faire une halte à Hô-Chi-Minh-Ville après les 4 jours de travail à distance se révélait être un plan bien intéressant et c’est ce que j’ai finalement fait !

C’est ainsi qu’au lever du soleil un samedi, j’ai pu faire 2h35min de vol avec Philippines Airlines pour rejoindre Hô-Chi-Minh-Ville. Mon copain s’est aussi décidé sur un coup de tête depuis Berlin de me rejoindre au Vietnam, sa correspondance à Bangkok ayant atterri à peu près en même temps que le mien. Avant de franchir le hall d’arrivées, on en profite pour retirer quelques millions de dongs vietnamiens (1 euro équivaut à 22 000 VND) et acheter une carte data SIM, auprès d’une vendeuse Vinaphone qui arborait la pancarte 5GB pour 100 000 VND (environ 3,85 euros !), amplement suffisant pour une semaine !

Voulant toutefois avoir notre plan bien préparé pour la première visite de mon chéri au Vietnam, notre séjour express se dessinait ainsi :

  • 2 jours dans le village natal de mon père et ma belle-mère à Cầu Ngang dans la province de Trà Vinh
  • 2 jours dans le village natal de ma chère mère à Loan Mỹ, dans la province de Vĩnh Long
  • 3 jours à Hô-Chi-Minh-Ville

Alors que l’aéroport paraissait bien calme, il fallait en réalité, s’approcher du hall d’arrivées pour se rendre compte de la foule et des brouhahas de la ville à la sortie. On retrouva mon papa et mon frère sans difficulté et monta dans le mini-van avec un chauffeur privé. On se mit en route pour son village, situé à un peu plus de 3h de la ville : Cầu Ngang.

Cela faisait 11 ans que je n’étais plus revenue au Vietnam, les premières impressions de la ville sollicitaient déjà plusieurs de mes sens : la vue d’innombrables motos Honda qui ne cessent de fourmiller les routes, les klaxons qui attaquaient mon audition à chaque seconde et la douce odeur de l’encens dans la voiture qui chatouillait nos nez (ça aurait pu être pire… le durian !). Tous mes souvenirs remontaient à la surface : on est bien de retour au Vietnam !

trafic moto saigon

Sortir de la ville d’Ho Chi Minh-Ville se révéla être un véritable exploit, le trafic est surtout dominé par les motos Honda, les règles de la route sont moins strictes qu’en Europe, les infrastructures laissent peu de possibilités pour la marche à pied… en bref, tout le monde roule comme il le souhaite, même à contresens. Progressivement, la transition entre la ville et les routes, parfois en mauvais état, menant vers les provinces se fit et je ressentais même presque un soulagement en voyant de loin, ce qui semble être une autoroute, permettant d’accélérer notre trajet.

Au passage, on s’est arrêtés une fois pour manger, prendre notre premier café sua da (café glacé) dans un restoroute et une deuxième pour s’acheter des snacks tels que des nems chua. Plus on parcourait les villages, plus la distance entre plusieurs bâtiments s’espaçait au détriment des canaux et des rivières : pas de doute, on est en plein milieu du delta du Mékong. Le changement de mode de vie d’une ville à une autre est radical, les embouteillages saïgonnais laissaient désormais place à la verdure, aux maisons de paille, aux pagodes khmères de plus en plus fréquentes, les routes dans un état négligé à tel point que le chauffeur devait à plusieurs reprises considérablement ralentir sa vitesse afin de ne pas abîmer les pneus du vans et enfin, les locaux montrant de plus en plus d’attention aux véhicules et aux passagers, nous. Ce qui est sûr, c’est qu’il y a très peu ou pas de touristes qui y viendraient dans ces deux villes et que mon chéri berlinois va être l’attraction visuelle des locaux pendant 4 jours. 😀

2 jours à Cầu Ngang

Arrivés enfin a Cầu Ngang, la famille de ma belle-mère a eu la gentillesse d’héberger mon chéri et moi dans leur belle maison, typique en béton comme les maisons “modernes” de campagne, couvertes de carrelages dans toutes les pièces. Le lit ne possédait pas de matelas, on dormait sur le plancher du lit couvert par un tapis de natte (dure la transition depuis l’hôtel 5 étoiles la veille haha) et on faisait attention à bien voiler le lit d’un moustiquaire tous les soirs.

Les journées étaient peut-être sans intérêt mais simples et tellement reposantes : réveil très matinal, parcours des villages en moto pour aller manger une soupe pho, boire un café glacé et continuer brièvement la route en moto pour finalement aller au marché. Les marchés au Vietnam font partie de ces types d’endroit que je préfère le plus aller. C’est là où la vraie vie quotidienne des locaux se passe. On se retrouve face à une foule de férus de marchés qui se disputent les fruits, les légumes, les fruits de mer et les viandes les plus fraîches, comme des poulets encore vivants. Pendant notre passage, on entendait quelques remarques à voix basse, ces vendeurs dans les stands murmurant avec leurs clients, fascinés par l’apparence occidentale de mon copain. J’avoue que ce fut un moment très drôle. L’achat des courses finalisé, on revint à la maison pour préparer les repas de midi.

Le reste du temps, on discutait avec la famille, on parlait de la vie en Allemagne et nos derniers voyages, on visitait d’autres membres de la famille dans le coin, dont ma tante et on aidait à préparer les repas.

Sur le chemin vers la maison de ma tante, on pouvait passer par un grand domaine où se trouvait un temple khmer : la pagode khmère de Cầu Ngang. Dans les bâtiments annexes, on pouvait voir à travers les fenêtres et les portes ouvertes, une classe d’écoliers apprenant leurs leçons. Mon père me rappelle que c’était justement dans cet établissement-là qu’il a pu faire sa scolarité, en tant que jeune moine pendant 7 ans, lorsqu’il était adolescent. Un endroit qui doit donc, lui rappeler beaucoup de souvenirs d’enfance. Un moine nous a même repéré et invité à nous asseoir avec lui, pour taper la discute.

2 jours à Loan Mỹ

Mon père a pu faire appel à un chauffeur privé pour nous conduire à Loan Mỹ, le village de ma défunte mère. En presque 2h de route, on arrivait finalement près du marché de Loan Mỹ, où ma cousine a pu nous récupérer. Je ne l’avais pas revu non plus depuis ma première visite dans ce village, il y a 11 ans. Quelques éléments du paysage me paraissaient familiers, comme son ancienne maison, désormais inondée depuis quelques mois apparemment. Elle a pu faire construire une nouvelle maison tout juste à côté, bien plus grande et plus propre. En revanche, le quartier paraît complètement différent par rapport à mes souvenirs. En face de chez elle, une affiche publicitaire type propagande, une école toute rénovée dont je n’ai jamais réalisé son existence et il y a bien plus de passants qui y flânent.

Notre première matinée à Loan Mỹ débutait vers 5h du matin, le jour était déjà trop clair à mon goût, je voyais déjà ma cousine préparer certaines choses. Un peu plus tard, on s’y mit en route pour le marché, manger un pho et boire notre café sua da. La balade au marché se produisait pareillement qu’à Cầu Ngang : l’apparence physique de mon copain intrigait beaucoup les locaux. 😀

À notre retour du marché, il y eut tout un groupe de voisines (parmi elles, des cousines ou des membres de ma famille), visiblement très bien organisées, en train de s’atteler à la préparation des plats en masse. Ma cousine disposait les tables, finissant son “foyer”, posait le portrait de ma mère et d’un proche de la famille au milieu entre les fleurs, les statuettes bouddhiques, les bougies et les queues d’encens. Les premiers invités arrivèrent, les nonnes (parmi elles, je retrouvais une grande-tante) venaient discuter avec moi et autour des 11 heures, quatre moines arrivèrent. Tous se hâtèrent de les installer derrière le foyer, leur tendre des offrandes, la nourriture… on s’assit vite par terre devant le foyer et les récits bouddhiques commencèrent. 14 ans après le décès de ma mère, le village a pu honorer la mémoire de ma mère en présence d’une représentante de sa famille… qui ne fut autre que moi-même. Difficile de retenir ses émotions dans ce genre de contexte. Le reste de la cérémonie se terminait par une touche plus festive avec un vrai festin à la terrasse et pour mon copain, une petite aprèm bière-karaoké avec mes cousins et neveux.

Notre quatrième jour au Vietnam et en conséquence, notre dernier dans la campagne arrivait à une vitesse impressionnante. Je savourai mon dernier bol de pho au petit déjeuner au marché de Loan Mỹ, ainsi que le dernier café sua da fait par ma cousine. On finit de préparer nos petites valises et se mit en route en moto chez mon oncle, dont les routes sont plus fréquentées par les transports publics. On passait nos dernières heures chez lui où il nous dévoilait également sa petite forêt emplie d’oranges vertes à une quantité vertigineuse qu’il peut même en vendre au marché. L’heure du repas ayant sonné, je sentis au fond un gros pincement au cœur, à l’idée de quitter bientôt ma famille pour une durée indéterminée. Les premières larmes coulent à l’arrivée de notre bus, devant nous emmener à Hô-Chi-Minh-Ville.

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